Cet article est un extrait de l’interview accordée par le PDG d’Air Ocean Group au Figaro Magazine à l’occasion de sa tournée éditoriale au Maroc.
Fondée en 2015, Air Ocean Morocco s’impose comme un acteur clé de l’aviation privée africaine, combinant des jets VIP, des évacuations sanitaires et une maintenance aéronautique, avec le Maroc comme hub opérationnel vers l’Europe et l’Afrique subsaharienne.
MOHAMMED EL-MASAOUDI
FONDATEUR ET PDG
Au Maroc, l’aviation n’est plus seulement un moyen de transport ; elle devient une infrastructure stratégique. Dans un pays engagé dans une transformation accélérée de ses réseaux de mobilité, certains acteurs privés ont choisi de prendre de la hauteur. Air Ocean Maroc en fait partie.
Créée en 2015, la compagnie naît d’un savoir-faire inattendu en cartographie aérienne. À l’origine, son fondateur et PDG, Mohammed El-Masaoudi, dirigeait SEPRET, une entreprise spécialisée dans la topographie et la cartographie aérienne, déjà équipée de ses propres avions. L’idée d’élargir ce périmètre au transport aérien s’est imposée naturellement, jusqu’à l’acquisition du premier jet VIP. Dix ans plus tard, Air Ocean Morocco devient un groupe aéronautique intégré, reconnu sur le marché africain.
La flotte actuelle compte dix appareils : Learjet 45, Hawker 800, Challenger 604, Legacy 600 et Global 5000 capables de couvrir des missions de moyen et long-courrier. Deux activités structurent le modèle économique : l’aviation d’affaires et l’Air Ambulance, un segment hautement spécialisé. Air Ocean Morocco est aujourd’hui la seule compagnie du continent à être certifiée Eurami, référence européenne pour les missions médicales internationales. Chaque avion sanitaire est équipé d’un dispositif ICU complet et opéré par une équipe médicale dédiée, disponible 24h/24. Environ 500 évacuations sanitaires sont réalisées chaque année.
Cette expertise médicale s’illustre également lors des grands événements internationaux. Air Ocean Morocco a été la seule compagnie chargée d’assurer l’ensemble des urgences médicales de la Coupe d’Afrique des Nations 2022, 2024 et 2025-2026, et sera également responsable de la couverture médicale de la Coupe du monde de football 2030 au Maroc, incluant les interventions d’urgence et les déplacements des équipes et des staffs entre les villes hôtes.
Le Maroc joue ici un rôle central. « Notre base, notre hub, c’est le Maroc », souligne Mohammed El-Masaoudi. Plus de 80 % du chiffre d’affaires est réalisé en dehors du pays, principalement en Afrique, en Europe et au Moyen-Orient. Cette position géographique permet une réactivité décisive, un atout crucial lors de situations d’urgence médicale ou pour des déplacements d’affaires.
L’autre pilier stratégique est la maintenance. À Benslimane, Air Ocean Morocco exploite une base certifiée par l’autorité marocaine de l’aviation civile, dotée d’une vingtaine de mécaniciens qualifiés et d’un hangar de 2 000 m². Cette intégration verticale réduit les coûts d’exploitation et renforce la compétitivité du groupe face aux opérateurs européens.
Les ambitions sont à la hauteur de cette trajectoire. Après 20 millions de dollars investis ces deux dernières années, 40 millions supplémentaires MOHAMMED EL-MASAOUDI MOHAMMED EL-MASAOUDI FONDATEUR ET PDG FONDATEUR ET PDG sont prévus d’ici trois ans, avec l’arrivée prochaine d’un Global 5000 et un objectif de quinze appareils à l’horizon 2030. En parallèle, un partenariat stratégique avec Gulf Helicopters, filiale de Qatar Energy, ouvre la voie au développement d’hélicoptères offshore en Afrique de l’Ouest, notamment dans les secteurs de Oil and Gaz.
Récompensée en 2022 comme meilleure compagnie d’affrètement aérien en Afrique, Air Ocean Morocco vise désormais un autre sommet : devenir une référence mondiale de l’Air Ambulance. « L’aviation est un monde sans frontières. Le ciel est la limite », confie son PDG. À l’image du Maroc lui-même, la compagnie invite investisseurs, voyageurs et décideurs à regarder plus loin et à découvrir un pays devenu une plateforme aérienne entre l’Afrique et le monde.
>> La source : Le Figaro Mag / 29 juin 2026